Quelques crayonnés de cases tirés de planches de Reconquêtes et insérés au sein d’un petit texte d’humeur.
Je ne cours pas après les critiques de mes albums. J’en lis peu. Je consacre le peu de temps libre qui me reste à d’autres activités plus satisfaisantes.
Toutefois, une attention bienveillante à mon égard ou une conscience professionnelle admirable pousse certaines personnes à m’envoyer, de temps à autre, des articles consacrés à mon travail. Ainsi, je recevais hier d’une attachée de presse pétrie de bonnes intentions, les quelques lignes que Nicolas Houle consacrait à Millénaire dans le quotidien de Québec Le Soleil.
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Millénaires T05 – L’ombre de l’antéchrist
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Comme c’est hélas souvent le cas lorsqu’il traite de bande dessinée, Houle ne fait qu’effleurer son sujet sans réellement l’approfondir, ce qui ne donne au lecteur qu’un aperçu très incomplet des oeuvres dont il est question. Ironique, car c’est ce qu’il semble justement reprocher à «L’Ombre de l’Antéchrist». À sa décharge, notons que l’espace qui est alloué à sa chronique est fort restreint et ne se prête guère au développement. Peut-être vaudrait-il mieux, dans ces conditions, n’aborder à l’occasion qu’un ou deux titres afin de laisser place à une élaboration plus étoffée et à une composition plus structurée. Car il faut bien le dire -ou l’écrire- ces quelques phrases évoquent irrésistiblement nombre d’autres lisibles sur plusieurs sites consacrés au 9ème art.

Crayon sur papier
Il est facile, trop facile, de critiquer. C’est précisément cette facilité qui m’agace. Sauf que ce serait, j’en conviens, faire montre d’une inutile méchanceté et d’une déloyauté notoire que de comparer ici les mérites d’une oeuvre ayant nécessité plus de dix mois de travail et la rédaction d’un papier qui n’aura demandé, hum, ne soyons pas injustes, qu’une vingtaine de minutes.
Oui, ce serait effectivement méchant. Par bonheur, ce n’est pas le genre de la maison.
Mais voilà: je suis lancé. Inutile de tenter de m’arrêter. Et puisqu’il en est question, je glisse ici que la grande majorité des textes, portant abusivement le nom de critiques, dont sont farcis les site consacrés à la BD, sont, d’un point de vue littéraire, d’une pauvreté désespérante. La structure en est souvent bancale, le vocabulaire pauvre ou quelconque, les fautes innombrables et la conclusion affligeante ou inexistante. On se contente, la plupart du temps, d’y bredouiller un résumé calqué sur celui fourni par l’éditeur. C’est pathétique. Il s’agit ni plus ni moins, dans la majorité des cas, d’un commentaire assorti d’un semblant de résumé.
On y énonce, souvent sur un ton péremptoire insupportable, ce que le reste de la planète pense de tel ou tel autre album, alors qu’il ne s’agit que de l’avis d’un quidam tapi au fond de son repaire, à tapoter son clavier. Pire: il arrive que l’on pousse la bêtise jusqu’à même dévoiler les intrications et la conclusion de l’histoire, privant le lecteur de l’appréciation et de la découverte du récit.
Il y a des coups de pied au cul qui se perdent.

Crayon sur papier
Voilà qui est dit. Et écrit. Ça fait vachement du bien. Ça me prend aux cinq ou six mois, mais ça passe rapidement. Bref, si je ne m’intéresse pas à ce que l’on écrit au sujet de mon travail, j’y réagis visiblement à l’occasion… Je m’en voudrais également de ne pas souligner ici le travail de ceux qui signent de véritables critiques, rédigées consciencieusement dans les règles de l’art littéraire. Car il y en a.

Crayon sur papier