“Les Deux Rivières” est un projet que j’ai échafaudé en 2002 avec un ami -Guy Julien, pour ne pas le nommer- qui me permettait d’exploiter une autre corde de mon arc graphique. Nous souhaitions créer une bande dessinée au trait gentillet, rondouillet, gros nez et animalier, associé à un scénario plus adulte, plus dur, plus osé… Un exercice de style, en quelque sorte, qui nous aurait permis de nous amuser un brin.
La proposition de projet fut envoyée aux principaux éditeurs européens mais ne reçut pas d’accueil favorable. Entretemps, je m’étais attelé à Millénaire et il ne me fut plus possible de m’en occuper. J’en conçois un certain regret, car ce style de dessin m’amuse et me permet des choses que je ne peux développer avec le traitement réaliste des autres séries. L’histoire et les dessin devaient être truffés de références et de clins-d’oeil à nombre de bandes dessinées actuelles ou ayant bercé notre jeunesse.
À Angoulême, au cours d’un dîner en compagnie de quelques Humanoïdes (avouez que révéler que l’on fraie avec la gent humanoïde se glisse particulièrement bien dans une conversation), on m’expliqua que l’entreprise était un tantinet trop audacieuse: un tel traitement humoristique associé à un scénario résolument adulte se révélerait casse-gueule éditorialement parlant. Il en résulterait une confusion de la part du public qui ne saurait trop à qui s’adresse la chose. C’est peut-être vrai. Mais peut-être pas, nous ne le saurons sans doute jamais.
De plus, à cette même table et les jours suivants, je fis les frais de moult taquineries en raison des propos d’un Humano notoire qui précisa qu’il était demeuré un moment interloqué devant ce projet de “souris qui se fouettent” (sic). C’était évidemment en raison du dessin présenté ci-dessous (le second) et qui, visiblement, lui était resté en mémoire.

Encre de Chine et feutre

Encre de Chine et feutre

Encre de Chine et feutre

Encre de Chine et feutre

Encre de Chine et feutre