Archive septembre, 2009

Dessine-moi une fille ordinaire

Écrit par francois on 29 septembre 2009 | Esquisses, Reconquête |

Formidable, je n’ai même plus à m’occuper de répondre aux commentaires liés à mes articles, mon acolyte sur “Reconquêtes” s’en charge avec brio! C’est amusant, car notre future série n’ayant pas (pas encore, du moins) de site propre, je souhaitais justement l’inviter à se manifester sans réserve lorsque certains points soulevés le stimuleraient particulièrement. Merci, Sylvain; tu récidives lorsque l’envie t’en veut prendre.

 

Suite, donc, aux commentaires d’un lecteur qui n’en est pas à ses premières manifestations sur ce site (voir article précédent), je présente ci-dessous quelques études de personnages tirés de mes esquisses pour “Reconquêtes“. Elles prouvent éloquemment, me semble-t-il, que le risque que tous les protagonistes féminins de cette série aient des allures de top models est assez mince.

Ah, mais celles-ci ont des minois tout ce qu’il y a de commun, non? Je n’ai pas dit quelconque, ordinaire serait assez juste. Avouez que ce ne sont pas vraiment des beautés rares, pas plus que ce ne sont franchement des pichous (quoique deux d’entre elles ne soient décidément pas équipées pour fracasser des records de beauté).

 

Crayon et feutre sur papier

Crayon et feutre sur papier

 

Crayon et feutre sur papier

Crayon et feutre sur papier

 

Crayon et feutre sur papier

Crayon et feutre sur papier

 

Cependant, afin de satisfaire mon lectorat exigeant, je promets de tout mettre en oeuvre et de me faire violence pour qu’apparaisse, quelque part dans l’album, une fille disons… ordinaire.

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Pas trop vilain

Écrit par francois on 25 septembre 2009 | Millénaire, Reconquête |

Un nouvel extrait de Millénaire 5. Les coloristes mexicains ne font pas du vilain travail; parfois (mais c’est très rare), certaines planches me plaisent bien et si je ne me retenais pas, je les dispenserais de corrections. Mithra en soit loué, je me secoue un peu et leur inflige tout de même quelques demandes de modifications.

 Les cases ci-dessous sont présentées telles que reçues, donc avant correction. Mais dans ce cas-ci, les modifications seront mineures.

 

Pl.27, cases 2 et 3

Pl.27, cases 2 et 3

 

On peut apprécier, ci-dessous, l’étape de base de la coloration. Il s’agit ici de la troisième case de la dix-neuvième planche de Reconquêtes, déjà présentée précédemment à l’étape du crayonné. L’encrage a été réalisé (au pinceau, pour ceux que la technique intéresse) et un bleu en lavis a été appliqué afin de déterminer  quelle sera la disposition des ombres. Les zones lumineuses naissent également de cet exercice qui sera suivi de la palette appropriée au moment du jour où se déroule l’action.

Crayon sur papier

Crayon sur papier

Encre de Chine et acrylique sur papier

Encre de Chine et acrylique sur papier

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L’incontournable deuil du dessinateur

Écrit par francois on 11 septembre 2009 | Millénaire |

Faire réaliser la coloration de ses planches par un coloriste suppose inévitablement un risque d’étonnement, de désapointement ou même de déception au vu du résultat. D’autant plus si le coloriste en question se trouve à quelques milliers de kilomètres et que la communication s’effectue dans une langue qui n’est maternelle ni à l’un ni à l’autre.

Bon, évidemment, ce technicien reçoit une liste de précisions concernant le moment auquel se déroule l’action, le temps qu’il fait (le genre de ciel, de nuages, de luminosité, d’éclairage, etc.) et la disposition des ombres et des lumières; il n’est pas lâché en totale liberté sur les planches. Faut les tenir un peu en laisse, ces petites bêtes-là.

Mais il n’empêche qu’à la réception de certaines planches, on demeure un moment pantois et pour le moins perplexe, se demandant où se situait la faille, où se trouvait l’erreur ou le manque de précision dans les directives données. Par exemple, en ce qui concerne la case présentée ci-dessous, la quatrième de la seizième planche de “L’Ombre de l’Antéchrist“, les personnages participent à une petite fête privée, dans le style romain. La palette demandée devait être constituée de couleurs chaude et d’une lumière tamisée plutôt jaunâtre. Ouais, eh bien voyez un peu ce que ça a donné… C’est fou ce qu’ils doivent s’amuser. On croirait une veillée funèbre, avec tout ce gris et leur teint de déterrés.

 

Planche 16, case 4, avant correction

Planche 16, case 4, avant correction

 

Bien entendu, le dessinateur se doit de sévir; le coloriste est alors correctement puni, puis on lui explique de nouveau le contexte et les particularités chromatiques propres à l’événement.

Il est clair que, le temps s’écoulant implacablement, on doit se faire une raison et du même coup le deuil de ce que l’on avait en tête initialement. Comment pourrait-il en être autrement, hein, je vous le demande? Allez, allez, répondez! Ah, bien sûr, vous ne dites rien, j’ai donc raison! À moins de déménager au Mexique pour la durée de la coloration et de lui tenir la main au travail (pas question de le faire venir ici, il risquerait de s’incruster), il faut se résigner et faire contre mauvaise fortune bon coeur: ça aurait pu être infiniment pire. Là, ce sera très bien, mais simplement pas tout à fait comme je l’avais imaginé. Personne ne le saura, après tout…  

Ci-dessous, le résultat après quelques coups de fouets bien placés. Souvenons-nous qu’à l’impression, tout ressort un tantinet plus foncé:

 

Planche 16, case 4, après correction

Planche 16, case 4, après correction

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Les Croqueurs de piments progressent tant bien que mal

Écrit par francois on 1 septembre 2009 | Millénaire, Reconquête |

Les sympathiques croqueurs de piments qui se frottent aux épines de mes exigences ont poursuivi le travail déjà entamé et quelques planches colorées se sont ajoutées depuis ma dernière intervention. Il n’empêche qu’il n’abattent pas tellement de besogne et je commence à être convaincu qu’ils se consacreraient plus consciencieusement à leur labeur si j’étais penché derrière leur épaule, pesant sur leur échine de tout le poids de mon regard impitoyable. Dommage (ou heureusement, tout dépend du côté duquel on considère la chose) qu’ils soient à quelques milliers de kilomètres. Bon, les humanos annoncent l’album pour novembre; ces chers Mexicains ont donc encore un moment devant eux pour arriver à boucler le tout avec un résultat qui m’apparaisse au moins acceptable (ou que je ne renierais qu’après avoir englouti quelques litres de cervoise tiède).

Ci-dessous, une case que j’avais déjà mise en ligne précédemment à l’étape de l’encrage et que voilà colorée:

 

 

Je me suis remis à Reconquêtes il y a peu, mais hélas, plutôt que d’aller de l’avant et de poursuivre en partant de là où j’étais rendu, il me faut revenir en arrière. Ce retour à la case départ a lieu pour des raisons d’ajustement du format des deux premières planches. Bon, ce n’est pas grand chose, mais ça me prive momentanément du plaisir de continuer.

Néanmoins, je me suis permis, ne pouvant résister à la tentation du dessin, de réaliser le crayonné des planches 18 et 19; ci-dessous, la troisième case de la dix-neuvième planche.

 

Crayon sur papier

Crayon sur papier

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