Brassens chantait “…mais ces hommes d’église, hélas, ne sont pas tous des dégueulasses…” ; que le bon maître me pardonne de prendre ses vers à mon compte et d’ajouter qu’il en va de même de la gent journalistique. Témoin Nicolas Houle qui, faisant fi des reproches à peine voilés qui semblaient lui être adressés (avec une délectation féroce), ainsi qu’à ses semblables, a publié un fort joli papier le 10 avril dernier.
http://www.cyberpresse.ca/le-soleil/arts-et-spectacles/livres/201004/09/01-4268983-francois-miville-deschenes-le-cow-boy-solitaire.php
Revenant à l’instant du Festival de la BD de Québec, je n’en ai pris connaissance qu’il y a à peine une minute. Bien sûr, je ferais étalage d’une mauvaise foi éhontée, dont je ne suis pas coutumier, si je faisais silence sur ma partialité: l’article en question était entièrement consacré à votre modeste serviteur. Il me faut donc, ici, préciser que si je critiquais allègrement la critique dans un précédent article (”Critique de la critique“), c’était davantage les chroniqueurs de tout poil qui infestent le web que je visais et non les travailleurs consciencieux qui rédigent jour après jour d’honnêtes papiers. Il me semble l’avoir toutefois mentionné à la fin de l’article, mais je le réécris bien volontier. Mea culpa, donc, si j’ai pu inclure (ou donner l’impression de le faire) Nicolas Houle dans cette pléthore d’incompétents notoires.
En revanche, je persiste à prétendre que l’espace réservé à la bande dessinée, dans la presse écrite en général, est insuffisant et très insatisfaisant. Je souhaiterais que N. Houle et ceux qui font le même travail que lui aient davantage de latitude pour élaborer et surtout étayer leurs critiques.
Et puis, en conclusion, je ne pense pas qu’il soit “de bon ton“, comme on m’en a déjà fait reproche, de taper sur la critique; en fait, je suis persuadé qu’il est justifié et nécessaire de taper sur la critique… Quand elle le mérite. Il y a de ces gens, obtus ou inconscients (les deux, parfois), qui rejettent sans nuance, du revers de la main, des oeuvres qui ont demandé à leurs auteurs des heures, des mois, des années, de travail acharné. Force est-il de croire qu’ils ne se doutent pas du tort qu’il causent en ne faisant pas la part des choses et en se contentant de vomir une critique pourrie jusqu’à la moelle? Ou bien ils en ont conscience et s’en fichent; alors dans ce cas, c’est mille fois pire et ils méritent d’être empalés (après avoir été soigneusement écorchés, il va de soi). C’est pourquoi je réagirai toujours quand on se mêlera de venir critiquer négativement mon travail sans y trouver ne serait-ce qu’une once de qualité. Je le ferai sans hésiter une seconde, jugeant que si ceux-là se le permettent, il n’y a aucune raison pour que je me prive du plaisir de leur faire connaître le même sort, en les écorchant en place publique comme il convient.